« Soins et Maintien à domicile des survivants de la Shoah »

Avec l’aide de la Claims Conference  le Service social juif (SSJ) a mis en place, en décembre 2010, le programme « Soins et Maintien à domicile » à l’usage des survivants de la Shoah.

Nombreux sont aujourd’hui dans notre Communauté les survivants, qui éprouvent des difficultés et des besoins d’ordres divers : santé, problèmes physiques ou psychologiques, surendettement, aides ménagères et familiales.

Le principe de ce programme est de venir en aide à ces survivants afin qu’ils puissent  se maintenir le plus longtemps possible dans leur cadre de vie habituel.

L’aide du Service Social Juif peut prendre différentes formes : service d’aide à domicile, titres-service, chèques-taxi, bons d’achat alimentaires, participation à l’achat de lits médicalisés ou à des soins médicaux, etc., sans que cela constitue une aide financière directe.

Pour en bénéficier, les demandeurs sont tenus de signer une déclaration sur l’honneur concernant leurs revenus et leur patrimoine.

Les personnes concernées peuvent s’adresser à la permanence du Service Social Juif, du lundi au vendredi de 8h.30 à 12 H.30, ou en fixant un rendez-vous par écrit, par téléphone, ou encore par e-mail

La Claims n’est pas encore en mesure de confirmer si ce programme sera limité à l’année en cours ou prolongé, le SSJ poursuivra donc sa mise en application en 2011.



Service Social Juif ASBL 68 avenue Ducpétiaux 1060 Bruxelles Tél. 02/5388180, fax : 02/5383704

sdock.ssj@easynet.be

 

Février 2012

Mémoire transgénérationnelle

En lisant l’ouvrage de Bernard Dan Le livre de Joseph, vous trouverez un dentiste qui a presque oublié qu’il est juif, perdu dans l’aéroport de Varsovie en grève et lisant sur son portable un ouvrage improbable écrit par un résistant du Ghetto qui porte son nom et qui y relate ses derniers moments de vie.

Il reconstruit un fil qui le relie à un des innombrables parents dont il a été privé et qui ont eu le mérite de lui permettre d’exister. Comme certains enfants de la deuxième génération des survivants, sa mère l’a protégé du danger d’être juif en l’intégrant dans un monde non communautaire à l’universalisme idéalisé. Evidemment, l’appartenance à tout aboutit à n’avoir d’attache à rien, et la découverte fortuite d’un aïeul qui se pose la question du destin, de la croyance et du combat contre l’humiliation ultime du génocide le fascine complètement.
Il explore alors une mémoire qui lui permet de retrouver une histoire et un sens à sa vie dont il était détaché affectivement parce qu’on lui a fait inconsciemment croire qu’il pouvait revivre un même malheur.

Pour le Service Social Juif, c’est un peu la même chose. Les obligations du travail social subsidié (par ailleurs vital pour notre survie institutionnelle), les contraintes de la relation professionnelle à l’aide aux personnes, la sophistication des techniques de gestion aboutissent à un formatage du secteur social santé dont les valeurs sousjacentes s’uniformisent à l’aulne des bonnes pratiques et au rythme de remises de rapports destinés à contrôler l’efficience de notre action.

Et on finit par oublier d’où on vient et qui on est, c’est-à-dire issu du désir de survivre en tant que Peuple grâce à la solidarité des Résistants qui ont refusé la destruction d’un Autre différent et qui se sont mis en danger.

Ce danger d’oubli nous oblige à un devoir de mémoire et de vie auquel nous consacrons une énergie renouvelée cette année. Ainsi, vous pouvez constater que notre programme de février, entre conférences, fêtes et loisirs, est particulièrement riche et fait que nos animateurs professionnels et volontaires réussissent à faire du Service Social Juif un des lieux les plus investis par les survivants de la Shoah vivant en Belgique francophone.

Enfin, dans ce même esprit, nos pensées vont aussi à Rose Bulka qui anime avec compétence notre atelier de peinture et à qui nous souhaitons de surmonter les épreuves de santé qu’elle traverse.

Daniel Berman

 


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